Comment l’aider à regagner confiance en soi

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« Si tu as confiance en toi-même, tu inspireras confiance aux autres. » Joseph Kessel

Nous, humains, apprenons par observation et mimétisme, au contact des autres. Tout se passe comme si nous recevions des signaux les uns des autres sans qu’aucun mot ne soit prononcé.

C’est donc en observant et reproduisant un comportement qu’on se l’approprie. C’est un mécanisme (presque primitif) ancré dans nos gènes.

Tout comme l’animal apprend à survivre dans la nature en observant ses semblables, l’enfant copie tout ce que papa ou maman fait (et surtout le pire). Car même si à l’adolescence, vous pensez que malgré cette atmosphère de conflits votre enfant ne vous écoute plus. Que nenni ! Il vous observe et continue d’apprendre de vous.

D’ailleurs une étude de l’INSERM explique combien le mimétisme est « une condition absolue au transfert de connaissances » (que ce soit en sport, langues, maths, sciences etc.).

En somme, l’apprentissage par mimétisme est notre façon primale d’acquérir des savoirs;

Alors pourquoi l’école ne l’utiliserait-elle pas davantage ?

En tout cas, il est apparaît que la confiance des parents ne peut qu’encourager les enfants à construire ou regagner confiance en soi.

Ainsi, de nombreux rapports de recherche depuis les années 70 ont montré que la confiance en soi augmente:

  • le bien-être général d’une personne,
  • sa motivation et donc souvent sa performance,
  • sa capacité à faire face au stress, et à la santé mentale

En bref la confiance en soi c’est une meilleure vie que les parents veulent pour eux-mêmes et … pour leurs enfants dans leur vie quotidienne mais aussi dans leur parcours scolaire.

L’importance de la confiance en soi

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La confiance en soi

Il y a souvent une confusion entre confiance en soi et estime de soi.

La confiance en soi

Avoir « confiance en soi », c’est croire en ses capacités à réussir à faire des choses.

« Parce qu’on croit en soi, on ne cherche pas à convaincre les autres. Parce qu’on est content de soi, on n’a pas besoin de l’approbation des autres. Parce qu’on s’accepte soi-même, le monde entier l’accepte. » – Lao Tzu

Pour faire court, c’est combien on croit en soi-même.

L’estime de soi

Avoir une estime de soi, c’est évaluer nos qualités, nos défauts, nos compétences et nos lacunes. C’est donc estimer si on est une bonne personne, si on mérite ce qu’on a.

C’est croire en sa valeur aux autres et au monde – En bref, combien on s’aime.

 

L’estime de soi est donc un terrain fertile pour la confiance en soi. Mais l’inverse n’est pas obligatoire. C’est pourquoi, bon nombre d’artistes impressionnent par leur talent et leur confiance en eux-mêmes. Mais ils ont une si faible estime d’eux-mêmes qu’ils s’abîment à travers l’alcool, la drogue ou commettent l’acte irréparable.

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Le manque de confiance en soi

Il existe 6 influences majeures qui ont construit votre image de vous-même et de votre confiance en vous.

 

L’enfance 🧒🏽

Nous apprenons essentiellement par observation et par mimétisme.  D’abord de nos parents, puis des autorités scolaires et institutionnelles dont nous sommes dépendants.  Ces autorités morales nous rendent compte de notre intelligence, de nos talents, de nos faiblesses.

Avions-nous des difficultés dans certaines matières comme les maths ou les langues ? Et donc identifiés comme irrécupérables, « vraiment trop bêtes » pour comprendre ? Ou étions-nous admirés pour nos prouesses sportives ou artistiques ?

Avons-nous eu le cœur brisé par le drame de notre toute première rupture amoureuse ?

En effet, toutes ces moments de la vie ont eu un impact non négligeable sur notre vision du monde, de nous-mêmes et donc de notre confiance.

D’ailleurs, l’influence de ces expériences émotionnelles de l’enfance – parfois traumatisantes – peuvent perdurer des années jusqu’à l’âge adulte.

Mais heureusement, les récentes recherches en neurosciences montrent que rien n’est irréversible en matière d’attitude et de comportement grâce à la plasticité cérébrale.  En effet, on a pendant longtemps pensé que la structure du cerveau se jouait avant l’âge de 6 ans. Alors que non ; la neurobiologie a apporté la preuve que le cerveau reste un organe dynamique qui continue à fabriquer de nouvelles connexions entre les neurones, au gré des apprentissages et des expériences toute notre vie.

Par conséquent, notre enfance ne détermine pas notre future. Et c’est encourageant !

 

La culture 🖼️

À quel âge est-il « bon ton » de se marier ? Quels sont les métiers les plus prestigieux ? C’est quoi le succès ? Est-ce avoir beaucoup d’argent, une maison, 2 enfants et un chien ? ou encore partir 3 semaines en vacances à Bali ou sur toute autre île de paradis ? Autant de critères qui définissent culturellement la vie attendue/idéale/dessinée par la société d’un pays.

Cette culture a une influence majeure sur l’image que nous avons de nous-mêmes, sur ce qu’on doit accomplir pour réussir à faire partie intégrante de la société.

Car c’est bien notre ancêtre homo sapiens qui chuchote à nos horaires depuis des millénaires : « Reste dans la tribu si tu veux survivre ! ». Comme un cri dans nos gènes qui nous pousse à nous soumettre aux règles pour ne pas être bannis et condamner à errer seul.e dans une nature pleine de prédateurs hostiles.

 

La religion ⛪

Nous humains sommes imparfaits, des êtres faibles, soumis à des tentations auxquelles nous succombons le plus souvent.

« C’est encore peu de chose à tes yeux, Seigneur Éternel ; tu parles aussi de la maison de ton serviteur pour les temps à venir. Et tu daignes instruire un homme de ces choses, Seigneur Éternel ! » – verset Samuel 7:19 – La Bible

Un Dieu bon, supérieur et éternel devant lequel nous, êtres de chair et d sang, faisons la promesse de nous améliorer. Ainsi, la religion place de fait l’homme dans une position de contrition qui met en jeu sa confiance en soi.

 

Les médias 📰

Que ce soit à la télévision, à la radio ou sur tout autres médias sociaux, nous sommes bombardés de messages sur ce qu’il est bon ton de porter, de manger, de penser pour se sentir mieux et vivre la vie de nos rêves.

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En particulier les spots publicitaires qui créent un manque pour qu’on puisse enfin acheter cette fameuse crème « exclusive, nutritive, cellulosique et naturellement polarisante » qui va enfin nous permettre de dire adieu à ces vilaines rides et aux effets dévastateurs de la pollution et du temps qui passe.

« Vous n’êtes pas assez bien! », nous disent-ils en somme. Autant de mots répétés et mis en musique qui affectent l’image qu’on a de nous-mêmes et notre confiance.

 

Les performances passées 😮‍💨

Vous pensez à vos expériences passées récentes qui vont ont apporté du succès ? Et c’est assez pour vous rebooster et reprendre confiance. Ce sont les résultats d’études en neurosciences rapportées par le spécialiste Irlandais Ian Robertson qui l’attestent :

Le souvenir du succès et la réussite accroît la testostérone dans le corps (les femmes aussi en produisent !). Surtout si ce souvenir est récent ! Et la testostérone augmente alors la dopamine « la molécule du plaisir » dans le cerveau, en particulier dans le circuit de récompense.

Ce circuit de récompense est le centre d’accueil des neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine ou la noradrénaline. Votre cerveau accueillant un flot de dopamine croissant, il vous rend plus audacieux et moins anxieux.

Par conséquent, vos souvenirs de réussite stimulent votre cerveau qui vous met alors dans les meilleures dispositions et prendre le risque de renouveler et réussir l’expérience.

 

L’entourage : famille et amis 👨‍👩‍👦‍👦

« nous sommes la moyenne des 5 personnes qu’on contoie le plus » – Jim Rohn

Se sentir apprécié et aimé au-delà du cercle familial, rien de tel pour renforcer sa confiance en soi. D’autant plus si votre cercle d’amis proches sont bienveillants, encourageants et positifs. Ils vous envoient alors une image valorisante de vous-mêmes et vous faîtes de même pour eux.

 

Comment l’aider à regagner sa confiance en soi

regagner confiance en soi en pratique

La confiance est essentielle dans notre vie et nous devons sans cesse faire face aux pressions de notre environnement culturel,  médiatique, et social pour la renforcer.

Comment y parvenir ?

Grâce aux 4 étapes qui suivent.

regagner confiance en soi cercle vertueux

Planifier ensemble

Quel est l’objectif que votre enfant souhaite atteindre avec votre aide ? On ne saurait traverser une forêt peuplée d’animaux inquiétants et de chemins escarpés pendant des heures, sans avoir au préalable identifié la destination finale. Oui, il faut qu’un but précis avant de s’engager.

C’est pourquoi ensemble vous allez construire un plan de réussite avec un objectif SMART,  c’est à dire Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporel ou quantifiable en termes de temps.

Par exemple : vous envisagez ensemble qu’il améliore sa moyenne de maths de 8/10 à 14/10 en 3 mois.

 

Passer à l’action

À cette étape, nous allons commencer ici par « tordre le cou » à deux mythes :

  • « La confiance est innée » ? On né confiant ou on ne l’est pas.
  • « C’est parce que j’ai confiance, que je peux agir »

Ce n’est pas le cas. En fait, La confiance se construit. C’est parce qu’on agit, que l’on gagne en confiance.

Attention, la confiance en soi est fragile et a besoin d’être entretenue.

Elle dépend aussi des situations ; je peux avoir confiance en moi, en mes capacités de bricolage ou de danse mais pas du tout  en prise de parole en public

Mais votre enfant doit passer à l’action pour gagner en confiance. Comment ? Surtout qu’il mesure le poids et le jugement des autres sur les actes qu’il s’apprête à faire. Proposez lui donc de :

  • Avoir peur mais commencer quand même !
  • Oser commencer petit
  • Se donner 3 minutes d’engagement. Quelques minutes pour se dire qu’à leur issue, on se donne le droit d’arrêter. Ce qui n’arrivera pas car, entre temps, il aura réalisé que ce qu’il appréhendait n’est pas « si terrible que ça ! » et qu’il peut poursuivre.
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Avoir de l’indulgence envers soi-même / accepter d’être bête … au moins pour un temps

« Mais qu’est-ce que tu peux être nul.le ! »  « Mais qu’est-ce que t’es bête ! »

C’est bien ce que nous nous répétons quand nous échouons. Ce ne sont pas des mots que nous dirons à nos amis s’ils avaient manqué d’accomplir les mêmes objectifs.  Nous aurions plutôt dit : « Bon. Je comprends que tu sois déçu mais tu vas réessayer et je suis sûr que tu feras mieux la prochaine fois ! »

Alors encouragez-le à adopter une attitude positive envers lui-même. Encouragez-le à faire des erreurs !  Biensûr qu’en s’attaquant à de nouveaux défis, comme apprendre de nouvelles compétences, il va tribucher. Mais comme dans un précédent article (cliquez ici), l’erreur est tout à fait normale et est synonyme d’apprentissage.

Valorisez plutôt ses talents et ses forces, déclinez-les sur tous les pans de ces activités scolaires et extrascolaires.

 

Célébrer tous les succès (même petits!)

Le goût du succès a été théorisé par le neuroscientifique Irlandais Ian Robertson. De ses observations des premiers combats de boxe de Mike Tyson en 1995 pour redevenir champion du monde après avoir passé 3 ans en prison, il a identifié « l’effet gagnant »« the winner effect ».

« Si vous gagnez un combat même contre un très faible adversaire, le simple fait de gagner cette rencontre augmentera les chances que vous gagniez un combat ultérieur […]. C’est parce que quand vous gagnez, votre corps génère de la testostérone qui modifie votre cerveau en créant plus de récepteurs dans votre cerveau pour la testostérone afin que vous soyez gonflé à bloc et le restiez pour gagner le match.

Au prochain combat, vous êtes à nouveau gonflé à bloc pour vous battre et la testostérone envahit votre cerveau en prévision de ce combat. Et comme il y a désormais plus de récepteurs pour la testostérone dans votre cerveau grâce à votre dernière victoire, cette testostérone a un effet plus impactant, vous êtes alors plus agressif et plus motivé. » – Ian Robertson

Et d’ajouter : « Le succès engendre le succès ». Alors, faîtes-lui donc goûter au succès, même infime. Cela l’engagera et l’inspirera davantage à poursuivre.

C’est donc un cercle vertueux car cette dernière étape va le motiver suffisamment pour qu’il puisse à nouveau passer à l’action.

 

Pour récapituler

regagner confiance en soi recapitulation

Pour  l’aider à regagner confiance en soi, il faudra suivre ces 4 étapes  :

  •  établir un plan d’attaque avec un objectif précis SMART
  •  passer à l’action
  •  accepter qu’il commette des erreurs/dédiaboliser l’erreur
  •  célébrer tous ses succès ( même les petits !)

Ce qui va donc créer un cercle vertueux car le succès va lui donner confiance et envie de repasser à l’action.

Des questions ? D’autres astuces ou ressources à partager ? N’hésitez pas à nous le faire savoir dans les commentaires et à partager votre expérience!

 

Sources

Le mimétisme nécessaire à l’apprentissage

 

8 Comments

  1. Salut, super article qui donne les clés afin de reprendre confiance à pouvoir réussir en maths. C’est vraiment bien construit et expliqué, je le ferais lire à mon fils sans hésiter.

    Gratitude pour ce partage et belle semaine à vous.

    • je suis vraiment ravie que cet article soit utile aux parents et aux enfants. Merci Angélique pour ces retours !

  2. Excellent article qui s’appilique non seulement à nos enfants, mais également à tous les adultes qui sont en proie avec leur perception de la réussite … J’aime beaucoup les 4 points de la synthèse qui me rappelle ce que je m’éfforçais d’appliquer auprès de mes équipes pour les maintenir dans un état d’esprit de réussite … Merci 🙏

  3. Cet article est vraiment très intéressant, et il pourrait s’appliquer à moi même autant qu’à mon fils. Merci !

    • Absolument Anna ! Comme nous apprenons principalement par mimétisme et par observation, un parent confiant inspirera la même attitude chez son enfant: un vrai cadeau !

  4. Donner confiance aux enfants (et aux adultes) est primordial. Je pense que la célébration des victoires est très importante, il faut marquer l’évènement pour qu’on s’en souvienne… ainsi, la prochaine fois qu’on a du mal à accomplir qqchose, on peut se souvenir de cette victoire pour trouver le courage de continuer 🙂

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